Le Conseil urbain de la jeunesse de Bukavu s’oppose à la décision de Kinshasa de suspendre les activités académiques dans onze établissements publics de Goma et Bukavu.
Dans une lettre ouverte publiée mercredi 26 août, cette structure qualifie la mesure de « suicidaire » pour plus de 25 000 étudiants concernés.
La suspension, décidée le 20 août par la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Sombo Ayanne Safi Mukuna, concerne jusqu’à nouvel ordre les inscriptions, les enseignements et les évaluations de l’année académique 2026-2027 dans les établissements visés.
Le gouvernement justifie cette décision par la situation sécuritaire dans les deux villes, actuellement sous contrôle de l’AFC/M23.
Mais pour le Conseil urbain de la jeunesse de Bukavu, cette mesure risque surtout de compromettre la scolarité de milliers de jeunes. Son président, Junior Kamwele, estime que la majorité des familles n’a pas les moyens de déplacer leurs enfants vers d’autres villes, notamment Beni, Butembo ou Bunia.
Il s’interroge notamment sur la prise en charge du logement, de la nourriture et des frais académiques pour les étudiants qui seraient contraints de poursuivre leurs études ailleurs. Le responsable appelle ainsi les élus du Sud-Kivu présents à Kinshasa à se saisir de cette situation.
Cette décision suscite également des critiques de la part du prix Nobel de la paix Denis Mukwege. Celui-ci condamne à la fois les nominations d’autorités académiques par l’AFC/M23 et la suspension décidée par Kinshasa, estimant que l’éducation ne devrait pas devenir une victime de la crise sécuritaire et politique.
Une exception est toutefois prévue pour les finalistes de l’année académique 2025-2026, qui peuvent achever leur cursus dans des établissements reconnus par les autorités congolaises.
La controverse met ainsi en évidence un dilemme majeur : comment garantir la sécurité des établissements et des étudiants sans interrompre la formation de milliers de jeunes vivant dans des zones affectées par le conflit ?
Rédaction
