Au marché de Saïo, dans la commune de Nyakasanza à Bunia, les conditions d’hygiène autour de certains étals soulèvent des inquiétudes, particulièrement dans un contexte marqué par l’épidémie de maladie à virus Ebola en Ituri.
Lors d’une visite effectuée le week-end dernier, nous avons constaté que des pommes de terre et d’autres produits alimentaires étaient exposés directement au sol, à proximité des toilettes du marché. Ces installations sanitaires sont dans un état de dégradation avancé et dégagent une forte odeur, témoignant d’un entretien insuffisant.
Cette situation expose les vendeuses et les consommateurs à différents risques sanitaires. L’humidité, les déchets et les eaux souillées autour des sanitaires peuvent favoriser la présence d’insectes et la contamination des surfaces. L’absence apparente de points d’eau et de savon à proximité des étals complique davantage le respect des règles élémentaires d’hygiène.
Dans le contexte actuel, ces conditions méritent une attention particulière. Il ne s’agit pas d’affirmer que le marché de Saïo constitue un foyer de transmission d’Ebola, mais de rappeler que les lieux de forte fréquentation doivent disposer de conditions permettant d’appliquer efficacement les mesures de prévention et d’hygiène.
Les vendeuses, dont beaucoup sont des mères de famille, passent plusieurs heures par jour dans cet environnement. Les consommateurs, eux aussi, sont concernés, notamment lorsque les aliments sont exposés au sol ou à proximité de surfaces potentiellement souillées.
La situation appelle donc une intervention rapide des autorités locales, des gestionnaires du marché et des acteurs de la riposte sanitaire. La réhabilitation des toilettes, l’installation de points d’eau avec du savon, l’évacuation régulière des déchets et le nettoyage des espaces de vente devraient figurer parmi les priorités.
Au-delà d’Ebola, améliorer l’hygiène du marché de Saïo permettrait de réduire plus largement les risques liés aux maladies infectieuses et de protéger à la fois les commerçants et les consommateurs. La prévention ne commence pas seulement dans les centres de traitement : elle commence aussi dans les lieux où la population se rencontre et échange quotidiennement.
Jonathan Byaruhanga
